Nos conseils pour se lancer dans le consulting

Avant de se lancer dans le consulting, il faut choisir judicieusement son statut juridique de manière à disposer d’un minimum de contraintes quant à son projet et des avantages non-négligeables que proposent certains statuts.

Les différents statut juridiques pour entreprendre dans le consulting

Vous disposez de plusieurs options possibles pour créer une entreprise de consultant. Voici les statuts juridiques plus habituelles pour exercer une activité de consultant indépendant :

- L’entreprise individuelle classique

- L’entreprise individuelle avec option pour l’EIRL

- L’EURL (ou SARL unipersonnelle)

- La SASU (ou SAS unipersonnelle).

a. Etre consultant entrepreneur individuel

La mise en place d’une entreprise individuelle pour devenir consultant est tout à fait possible, quitte à opter pour des statuts particuliers comme celui d’auto-entrepreneur par exemple. Elle comporte même des avantages. Les formalités administratives sont extrêmement simples et vous permettent de lancer votre activité rapidement.

Que vous souhaitiez tester votre concept ou arrondir vos fins de mois en tant que salarié, devenir auto-entrepreneur consultant peut être la solution pour vous lancer dans votre nouvelle activité.

Etre consultant auto-entrepreneur entraîne de nombreux avantages, et pas des moindres :

- Des frais administratifs restreints : en optant pour le statut d’auto-entrepreneur vous aurez des frais administratifs moindres par rapport à ceux nécessaires pour créer une société. En effet, les formalités peuvent être faites gratuitement en ligne, et vous deviendrez ainsi consultant auto-entrepreneur très rapidement.

- Une comptabilité facilitée : vous ne paierez des cotisations sociales que si vous réalisez un chiffre d’affaires. Si vous désirez prendre une pause ou que vous vous retrouverez dans l’incapacité de travailler, vous n’aurez donc aucune cotisation sociale à régler.

- Le bénéfice de la franchise de base de TVA : en tant que consultant auto- entrepreneur vous allez bénéficier d’un régime de franchise de base de TVA. Ce régime vous permet de ne pas facturer de TVA. Gardez bien en tête que cette franchise de TVA vaut uniquement tant que votre chiffre d’affaires ne dépasse pas 33.200 euros.

- Un régime social simplifié : le fait d’être consultant auto-entrepreneur vous permet effectivement de bénéficier d’un régime micro-social, ce qui signifie que vous payez uniquement un forfait de cotisations sociales, ce qui est forcément plus sécurisant pour vous car c’est une dépense que vous pouvez anticiper.

- Evolution vers une société possible : ce qui est positif avec le statut d’auto- entrepreneur consultant, c’est qu’il suit vos envies. En effet, ce statut est simplifié sur tous les plans et si vos aspirations changent, ce statut peut évoluer. Si dans un premier temps être auto-entrepreneur est intéressant pour tester un projet et arrondir ses fins de mois, sachez qu’il est possible et facile de passer d’une auto-entreprise à une société, notamment si vous dépassez les plafonds annuels ou si vous décidez de vous associer.

En étant auto-entrepreneur, vous profiterez des nombreux avantages que l’on vient de voir. Toutefois, vous serez tenu de respecter une des limites imposée par ce statut : les plafonds auto-entrepreneur.

En effet, vous ne pourrez pas dépasser 70.000 euros de chiffre d’affaires à l’année, à défaut vous perdrez le bénéfice du statut d’auto-entrepreneur. C’est la raison pour laquelle être auto-entrepreneur est intéressant pour tester son concept ou arrondir ses fins de mois. Mais, si votre activité prend de l’ampleur, il sera nécessaire d’adapter votre situation.

Un autre inconvénient dont il faut avoir conscience concerne votre capacité d’expansion. Elle va être limitée dans la mesure où vous ne pouvez pas faire entrer d’associés au sein de votre entreprise individuelle.

De plus, être auto-entrepreneur peut être dangereux pour vous car votre patrimoine personnel n’est pas protégé. Vos biens personnels devront répondre des dettes de votre entreprise en cas de difficultés financières de votre activité. Pour pallier à cette problématique, il existe heureusement des mécanismes de limitation de responsabilité de l’entrepreneur individuel, comme la déclaration d’insaisissabilité.

b. Etre consultant micro-entrepreneur

La micro-entreprise est un régime ultra-simplifié qui permet à un consultant d’exercer son activité sans réelles contraintes.

La création d’une micro-entreprise est très simple. Vous n’avez pas à rédiger de statuts, ni à déterminer un capital social comme c’est le cas pour les sociétés. De plus, les formalités à accomplir sont extrêmement simplifiées : pas de coûts de création, pas d’annonce légale à publier. Le remplissage d’un simple formulaire de demande d’immatriculation suffit à créer l’entreprise.

Le fonctionnement demeure également extrêmement allégé. Vous n’avez aucune obligation en matière comptable (saisie, comptes annuels) et devez simplement remplir un livre-journal des recettes. Vous avez l’obligation de déclarer les recettes professionnelles encaissées. Sur ces montants bruts :

- L’URSSAF calcule vos cotisations sociales de non-salarié (allocations familiales, maladie, CSG, CRDS, retrait de base et complémentaire),

- L’administration fiscale détermine votre impôt sur le revenu (IRPP) en appliquant un abattement de 34%

Enfin, ce statut est évolutif et il peut être amené à changer si votre activité progresse de façon significative. Vous basculez automatiquement dans un régime réel de l’entreprise individuelle si vous franchissez les seuils légaux. Vous pouvez même choisir, à tout moment, de transformer votre micro-entreprise en société (SASU ou EURL par exemple).

Les désavantages sont:

- Responsabilité illimité : la responsabilité pécuniaire des associés n’est pas limitée à leur apport, l’associé de la société à risque illimité est donc tenu à la fois de la contribution aux pertes et de l’obligation à la dette.

- L’obligation de tenir une comptabilité et de déclarer ses résultats.

- La taxation se fait sur l’ensemble du bénéfice même non-appréhendé.

c. Devenir consultant en société

Vous pouvez, pour finir, choisir d’exercer votre activité de consultant indépendant au sein d’une société, même si vous êtes seul. La Loi prévoit deux formes juridiques pour cela :

- La société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) - Ou l’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL).

Leur principal avantage réside dans le fait qu’elle dispose de leur propre personnalité juridique. Ainsi, chacune d’elles dispose d’un patrimoine distinct de celui du consultant. Votre responsabilité est alors limitée au montant des apports en capital que vous avez effectués en tant qu’associé.

La création d’une société unipersonnelle nécessite l’accomplissement de nombreuses formalités : rédaction de statuts, publication d’une annonce légale, dépôt d’une demande d’immatriculation... De même, son fonctionnement est plus contraignant : la société doit tenir une comptabilité commerciale, établir des comptes annuels, faire approuver les comptes puis déclarer ses résultats chaque année. Contrairement à l’EI ou à la micro-entreprise, les charges sociales se calculent sur la rémunération effectivement perçue par le dirigeant. En EURL, le gérant est majoritaire et relève du régime social des indépendants (TNS). En SASU, le président a le statut d’assimilé salarié.

L’EURL est, de plein droit, soumise à l’impôt sur le revenu. Elle peut opter pour l’impôt sur les sociétés. La SASU, à l’inverse, est soumise à l’IS et peut opter temporairement pour l’IR (5 ans maximum). L’impôt se calcule sur un résultat, représentant la différence entre des produits et des charges.

Les solutions à risques limités

Le statut d’entrepreneur individuel est les plus simple et celui qui présente moins de risques de tous les statut juridiques présentés. La création de l’entreprise est simplifiée, vous pouvez avoir une autre activité en même temps et il n’y a pas de risques financier directs pour vous.

Hela Atmani